Alimentation dans les jours précédant l'épreuve

Ce point pose une question en dehors du sujet traité dans cet article qui est celle du statut nutritionnel des sportifs. On peut très brièvement résumer ce point en utilisant le résultat de nombreuses enquêtes alimentaires réalisées dans le monde occidental qui indiquent que les populations sportives se différencient peu des populations sédentaires. L'apport énergétique total de la ration est bien corrélé avec le niveau de dépenses, mais si l'on considère la répartition plastique des différentes classes de nutriment, on observe une insuffisance de l'apport en hydrate de carbone inférieure à 50 % de la ration, un excès de l'apport lipidique se situant entre 35 et 40%, un apport protéique correspondant aux normes recommandées.

L'apport en vitamine B1 et B6 est faible, à la limite des apports recommandés. Dans les jours précédant l'épreuve, le point majeur qui retiendra notre attention est l'insuffisance des apports glucidiques. Les travaux scandinaves ont montré que le taux de glycogène musculaire était dépendant du niveau des apports glucidiques. Chez un sujet recevant 50 % d'hydrate de carbone dans sa ration habituelle, l'augmentation de cet apport à 70 % pendant 3 jours double la concentration en glycogène musculaire ; le temps de travail à 75 % du Vo2 max passe de 114 min à 167 min. Cet effet important de la concentration glycogénique sur la capacité de travail a conduit à rechercher des procédés nutritionnels capables de l'augmenter. Le plus connu est le régime dissocié scandinave qui consiste 6 jours avant une compétition à réaliser successivement 3 jours de régime glucidoprive et 3 jours de régime hyperglucidique. La période glucidoprive augmente l'activité des enzymes glycogénosynthétiques, l'apport ultérieur de glucide permet d'obtenir des concentrations glycogéniques très élevées. Cependant ce régime présente des inconvénients. La poursuite de l'entraînement pendant la phase glucidoprive entraîne une sensation de fatigue très importante. Dans cette phase, on a décrit une fréquence élevée d'accident musculaire. Enfin, les brusques variations de l'apport du lest cellulosique provoquent fréquemment des troubles du transit. Les travaux de COSTILL (5, 6) ont par ailleurs nettement démontré que la majeure partie de la surcompensation glycogénique était obtenue avec seulement 3 jours d'un régime comprenant 70 % d'hydrate de carbone sans phase hypoglucidique préalable. La raison recommande d'utiliser exclusivement ce procédé nutritionnel qui est sans inconvénient.

Pendant la phase hyperglucidique de la préparation de l'épreuve, il est important que le sujet pèse ses aliments pour maintenir un apport calorique constant. Augmenter l'apport glucidique accroît le volume des repas ce qui peut induire à court terme une sensation de satiété. Il a été suggéré que le processus de glycogénosynthèse et ultérieurement de glycogénolyse pouvait être amélioré par l'apport à court terme de complexe vitaminique B associé à la ration, des résultats expérimentaux récents montrent qu'un apport vitaminique sur une courte période ne modifie ni les processus métaboliques, ni la performance (5).


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