Problèmes physiologiques posés par la pratique de la voile et intérêt d'études sur la nutrition.

Peu d'études se sont attachées à décrire les effets de la nutrition sur la performance lors de la pratique de la voile en compétition. Au contraire, de nombreux travaux ont été consacrés aux relations entre nutrition et performance pour d'autres types d'activités physiques. Ces données permettent de formuler des hypothèses a priori sur les éléments d'une nutrition adaptée à la pratique de la voile. Il a été clairement établi que la nutrition riche en hydrate de carbone était indispensable pour atteindre un niveau optimum de performance. Le fait d'apporter des glucides en excès par rapport à une alimentation standard augmente les réserves glycogéniques avant l'effort et permet d'accélérer la resynthèse des stocks de glycogène après l'effort. Dans le cas des sports de force ou l'augmentation de la masse musculaire semble jouer un rôle sur la performance, de nombreux athlètes se sont soumis à des régimes hyper protéiques pendant la période d'entraînement, dans l'espoir d'avoir un effet additif au travail musculaire sur le gain de masse musculaire font l'objet de nombreuses discussions. Il semble cependant qu'au-delà d'un apport optimum, une surcharge en protéines ne permette pas d'obtenir un accroissement du volume ou de la force musculaire, par contre, il a été prouvé que l'apport protéique pouvait fournir des acides aminés précurseur des neurotransmetteurs centraux et ainsi améliorer les performances psychologiques pendant la pratique sportive.

De façon générale une connaissance exacte du niveau de dépense énergétique et des contraintes psychologiques de chaque sport est indispensable à l'établissement de la nutrition. Concernant la pratique de la voile en dériveur ou en habitable on peut faire l'hypothèse que la performance est le résultat de qualités physiques et psychologiques. La capacité de maintenir la performance musculaire est associée à une stabilité des performances sensorielles et cognitives, les apports nutritionnels devront donc essayer de maintenir les capacités physiques et mentales. Un certain nombre de résultats disponibles permettent d'établir avec assez de précision le niveau de dépense énergétique selon le type de pratique de la voile. Concernant la pratique du dériveur, on peut utiliser l'article de synthèse de Shepard. La régate en dériveur sollicite des pics de puissance musculaire sur un fond de dépense continue. Des mesures directes de consommation d'oxygène ont été réalisées dans le cadre du travail de thèse de Castagna elles indiquent un niveau moyen de dépense lors de régate en laser se situant autour de 70% de la consommation maximale d'02. Les adaptations qui en résultent permettent de différencier les sujets les plus performants. La mesure des capacités physiologiques et de la composition corporelle indique que les sujets appartenant à l'élite de la voile olympique sont soumis à une dépense énergétique relativement importante à l'entraînement et pendant la compétition ce qui se traduit par une capacité aérobie élevée, un taux moyen de graisse corporelle plus faible que chez les pratiquants de niveau plus modestes et par des puissances musculaires pour certains segments de membres largement plus élevés. Il semble donc que la performance en voile olympique soit en partie influencée par des qualités rencontrées dans la pratique des sports à forte dépense énergétique. Une étude italienne récente (De Vito) publiée sur le cas spécifique de la régate en planche à voile indique que le niveau de dépense se maintient autour de 70% de la consommation maximale d'oxygène pendant 45 minutes à 1 heure ce qui rapproche la physiologie de ce type d'activité de celle des activités aérobies les plus élevées. Concernant les apports nutritionnels, on peut faire l'hypothèse que l'on se situe dans la gamme d'efforts pour lesquels un apport de glucides avant et pendant l'épreuve est indispensable pour obtenir les meilleures performances, à l'instar de ce qui est utilisé pour la course à pied. Par ailleurs une étude réalisée en 1998 (Guezennec et coll) à la demande du CIDIL indique que plusieurs paramètres psychocognitifs sont sensibles à la fatigue induite par la pratique de la régate en laser. Des travaux récents permettent de formuler des recommandations sur la nature des apports protéiques qui pourraient jouer un rôle protecteur sur ces fonctions.

En Résumé :
- La pratique de la voile olympique nécessite une adaptation de la nutrition pendant l'entraînement afin d'avoir un apport calorique suffisant, avant et pendant les compétitions afin de maintenir les performances.
- Les domaines ou les recherches pourraient s'effectuer sont : Les relations nutrition et performances mentales.
- Les relations nutrition et récupération entre les régates.
- Le rôle des aliments lactés en tant qu'apport d'alcalin permettant de favoriser la récupération.


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